Kraftwerk est reconnu comme l’un des pionniers des musiques électroniques, signant les premiers tubes electro-pop, dont le célèbre « Radioactivity ». Dans un monde saturé d’informations, une symbolique forte contribue à inscrire un groupe dans nos mémoires. Avant les casques de Daft Punk, il y a Autobahn et The Man-Machine, un panneau de signalisation d’autoroute et quatre hommes à l’allure robotique. Le groupe joue avec des codes d’identification à la fois puissamment expressifs et désarmants de simplicité. L’histoire de Kraftwerk permet de revenir sur l’émergence des musiques électroniques et de décrypter le vocabulaire de la pop en tant qu’art majeur. C’est aussi l’occasion d’évoquer le constructivisme russe, le Bauhaus et le futurisme italien. À l’époque où les punks criaient « no future », Kraftwerk employait un langage visuel hérité des constructivistes. Les symboles forts perdurent.
«L’intelligence, le secret, c’est toujours l’intelligence. Même dans le rock, semble-t-il.
Déroutant et complexe, le groupe allemand Kraftwerk, le plus grand pionnier des musiques électroniques, a toujours eu une place à part dans l’histoire de la musique, indissociable aussi de celle des techniques utilisées. Éric Deshayes remonte ici aux origines du groupe et déroule son parcours hors normes et toujours original. Fondé en 1970 par des passionnés de musique expérimentale, le groupe n’a dès lors cessé d’innover et d’influencer la musique contemporaine, tant par ses expérimentations techniques d’avant-garde que par son approche maîtrisée et théâtrale de la scène et, après plus de quarante ans, la modernité du groupe, paradoxalement intemporelle, reste intacte. Robots, vocodeurs, technologies de pointe, ses innovations et ses trouvailles ont, faut dire, quasiment révolutionné la musique, influencé à peu près tout le monde et “inscrit son code génétique dans toutes les tendances de la pop électronique”, rien que ça. Visuellement aussi, son indéniable originalité et ses concepts graphiques ont marqué l’imaginaire et imposé la vision d’esthètes sophistiqués dans ces temps disco ou punk. Musique intelligente, machines électroniques, musiciens tellement discrets qu’ils en sont anonymes ou presque, ont fait de Kraftwerk et de ses hommes-machines un phénomène unique que la parfaite écriture de Deshayes dissèque impeccablement.» (Rock&Folk)