Un mélange hypnotique qui fait écho à William Tyler, Ali Farka Touré et Hermanos Gutierrez.
La guitare. Grâce à elle, même lorsqu'il s'est retrouvé seul avec ses douleurs chroniques, Képa n'a jamais connu la solitude. La pratique intensive est devenue un refuge où les minutes ont muté en heures, et les heures en jours. L'autohypnose a déréglé les aiguilles pour lui, et l'autodidacte parfait a connu le plaisir d'avoir l'audace de sortir des cases pour aller écrire dans les marges. Involontairement, se retrouver face à l'accord imprévu qui rend la suite différente et ouvre une autre route. Celle de Képa part du blues, croise les musiques africaines et leurs structures plus libres pour arriver dans ses cordes.
Sur ses trois précédents albums on pouvait trouver trace de sa voix mais, désormais le fil du micro est coupé. Son Hotline Service est pourtant parfaitement accessible, mais pour joindre personnellement Képa, il faudra patienter un jour ou deux, voire plus. Ou alors cinq titres. Le temps d'un EP purement instrumental qui égrène ses mélodies comme autant de diapositives musicales. Un titre, un endroit. Face à la mer, dans un transat, dans le désert, et jusqu'en Afrique du Sud, Képa a veillé à s'offrir les conditions les plus favorables et idylliques pour enregistrer live. A l'exact opposé de l'électronique, des mixs surchargés et des arrangements excessifs, avec pour seul équipement sa guitare et un ampli autonome, rester minimaliste et épuré est la ligne de conduite. Cultiver l'erreur pour garder une musique aussi vivante qu'imparfaite. Mais paradisiaque.
Au son des vagues, profiter encore un peu d'un soleil qui, après une journée passée à irradier les lieux, se fait plus discret et va progressivement disparaître pour ne laisser qu'une lumière adoucie.
Surtout, une confortable chaleur qui, maintenant, submerge entièrement ces soirées aux couleurs Hawaïennes. Est-ce le vent ou le souffle de l'ampli qu'on entend bercer le fond des notes ?
Peut-être les deux.